La PSSM

Aujourd’hui c’est un épisode plus personnel que je vous dévoile car en effet on va discuter de la PSSM et Uisper en est atteint. C’est donc la propriétaire de chevaux qui vous parles, et elle a totalement oublié la praticienne shiatsu au passage =P Mais bien évidemment que le shiatsu peut être utile pour les chevaux PSSM 😉

Au programme :

Aujourd’hui j’ai choisi de vous parlez d’un sujet à la fois personnel et en même temps qui mérite tellement d’être plus connu : je vais vous parlez de la PSSM.

Uisper, mon quarter horse de maintenant 13 ans est hétérozygote à la pssm. Le diagnostic a été posé il y a maintenant un peu plus de 4 ans. Du coup on peut dire que j’ai un peu écluser le sujet depuis tout ce temps.

Il y a 4 ans le mot PSSM commençait tous juste à être prononcé dans le milieu équestre et été quasi exclusivement réservé pour les chevaux américains. Maintenant j’ai l’impression que tout le monde a entendu au moins une fois l’acronyme PSSM. Cependant la maladie reste encore peu connue et donc mal diagnostiquée et mal traité.

Le programme de cet épisode est donc de vous parlez de cette maladie génétique, mais aussi de vous apprendre à être vigilant à ses symptômes. Et si vous avez un cheval porteur de PSSM (ou que vous en connaissez un dans votre entourage), je vous livrerais mon expérience sur comment aidez votre cheval à vivre avec la PSSM et pour vous, comment vivre avec un cheval PSSM.

La PSSM : une maladie génétique

Qu’est ce que c’est la PSSM ?

La PSSM est un acronyme qui signifie « Polysaccharide storage myopathy » ou en française « Myopathie à stockage des polysaccharide ». Il existe plusieurs types de PSSM mais toutes sont dues à des anomalies de stockage du glycogène (chaîne de molécules de glucose) au niveau des cellules musculaires. C’est une atteinte des fibres musculaires qui provoque des crises de myosite répétées. Pour simplifier encore : les fibres musculaires se détachent du muscle et sont éliminés dans les urines par le sang.

Quels chevaux sont touchés ? Les chevaux américains, les chevaux de trait et les Selles Français en majorité. Mais potentielles toutes les races de chevaux peuvent être touchés.

Il existe plusieurs types de PSSM : la 1, 2, 3, 4 et X. Et en gros depuis quelques années plus les laboratoires génétiques cherchent plus ils trouvent de type de PSSM… Chaque type de PSSM a ses légères variations mais tous les types se recoupent dans la myopathie.

1 type de PSSM = 1 gène mutant.

Aparté sur la génétique

Chaque gène est présent en double exemplaire, un exemplaire du gène est appelé un allèle.

1 gène = 2 allèles

Un allèle peut donc être sain ou mutant. Un allèle peut donc exprimer la PSSM ou non. On parle d’allèle porteur ou non.

Pour la PSSM, il suffit qu’un seul des deux allèles sont malsain pour que le cheval montre des signes de maladie. Le gène est donc dit « dominant » (par opposition à « récessif »).

2 allèles sains = cheval non malade de la PSSM

1 allèle malsain = cheval malade

2 allèles malsain = cheval malade aussi.

Lorsqu’un allèle seulement est porteur de PSSM, le cheval est dit « hétérozygote porteur de la PSSM ». Il a un allèle sain et un allèle malsain. Le préfixe « hétéro » signifie « différent ». Le cheval a deux allèles différents (un sain et un malsain) donc hétérozygote.

Lorsque les deux allèles sont porteurs de PSSM, le cheval est dit « homozygote porteur de la PSSM ». Le préfixe « homo » signifie « identique ». Le cheval a deux allèles identiques (malsains) donc homozygote.

Lorsque les deux allèles sont sains, le cheval est dit « homozygote non porteur de la PSSM ».

Source : https://equipedia.ifce.fr/elevage-et-entretien/elevage/genes-majeurs/pssm-quel-mecanisme-hereditaire

Pourquoi cette distinction homozygote et hétérozygote est importante :

  • Un cheval homozygote (deux allèles malades) transmettra forcément la maladie à ses poulains s’il reproduit
  • Un cheval hétérozygote (un allèle sain et un malsain) aura un risque sur deux de transmettre la maladie à ses poulains.
  • Apparemment un cheval homozygote exprimerait deux fois plus la maladie et serait donc deux fois plus malade… Les recherches ne sont pas encore abouties à ce sujet.

En ce moment la PSSM est une maladie en vogue… C’est un peu classe de dire « mon cheval est PSSM », aller chercher je ne comprends pas. Toujours est il qu’en posant la question « est ce que ton cheval est homozygote ou hétérozygote à la PSSM ? », vous pouvez savoir si la personne en face de vous se fait mousser en disant que son cheval est porteur de PSSM ou si elle a vraiment fait tester son cheval.

Une propriétaire vraiment investie dans la santé de son cheval saura vous dire si son cheval est homozygote ou hétérozygote 😉

Ça peut vous paraitre con comme réflexion mais en temps que propriétaire d’un cheval PSSM ce genre de comportement m’insupporte au plus haut point surtout que le test de la PSSM est très accessible et très peu coûteux !

Comment posé un diagnostic ?

Le diagnostic est posé en analysant le matériel génétique du cheval. C’est un test qui se fait donc en laboratoire.

Il y a 4 ans, un seul laboratoire en France testé la PSSM et il était peu fiable. J’ai donc fait tester Uisper aux Etats-Unis et ça m’avais couté 50 euros, frais d’envoi compris… Vous comprenez pourquoi je m’énerve quand les gens ne font pas le test xD

Toujours est-il que désormais de nombreux laboratoires français proposent le test de la PSSM, toujours pour moins de 50 euros. Et vous pouvez faire ce test avec l’accompagnement de votre vétérinaire ou sans !!!

Donc si vous avez un doute foncez !

Pour faire le test il va vous falloir un peu de matière génétique, c’est-à-dire de la chair ou du sang ou des bulbes de crins. Pour prélever de la chair ou du sang il vous faut un vétérinaire donc je ne m’attarde pas sur ces deux points, votre vétérinaire vous aidera mieux que moi.

Par contre, les bulbes de crins ! Il vous suffit d’arracher en mode épilation une vingtaine de crin. Pour Uisper je les avais pris sous la queue. Il faut arracher le crin et pas le couper. Il vous fait la base du crin, le bulbe.

Je vous préviens : ce n’est pas agréable pour les chevaux… Comme nous l’épilation du maillot quoi xD Je vous préviens aussi : ça va saignoter là où vous arrachez le crin, rien de méchant, mais si vous craignez le sang demandez à une amie de le faire pour vous 😉

Ensuite, vous mettez les crins dans un sachet congélation, fermé, sous enveloppe et on envoie au labo. Même pas besoin que le colis soit réfrigéré ! Rien de plus simple. Vous payez et vous avez le résultat !

C’est vraiment un test simple et peu couteux donc si vous avez un doute sur votre cheval faites le ❤

Quels sont les symptômes de la PSSM ?

D’ailleurs quels sont les signes qui pourraient vous faire douter ?

Chaque cheval atteint de PSSM va présenter son lot de symptômes unique, ce qui rends le diagnostic de cette maladie plus compliqué qu’une autre. Il existe quand même des incontournables que voici :

  • Myosite à répétition
  • Courbatures démesurées pour l’effort effectué
  • Taux d’enzyme musculaires élevées dans le sang : créatine kinase (CK) et aspartate amino-transférase (ASAT). Le taux normal d’un cheval PSSM qui va bien est au-dessus de la norme d’un cheval sain en sévère myosite. Il peut donc être intéressant de réaliser une prise de sang quand votre cheval PSSM est au top de sa forme afin de connaitre sa norme.
  • Manque d’impulsion, froid à la jambe, voir se défend contre la jambe
  • Besoin d’être longé avant d’être monté, spécialement après plusieurs jours de repos
  • Difficile à assouplir

Et puis il y a tous les autres signes :

  • cherche à se rouler après un effort physique
  • se gratte les hanches et les épaules (là où il y a beaucoup de muscles) sur les murs des boxs, arbres etc…. demande des gratouilles appuyées sur des zones fortement musclées.
  • douleurs musculaires après le travail
  • sensible au pansage
  • reste campé pendant un long moment après avoir uriné
  • les urines sont plus foncées que la normale
  • tient régulièrement la queue sur le côté
  • difficultés à lever les pieds pour les curer
  • lève et/ou secoue la queue ou couche les oreilles au galop en selle
  • voyage en van avec appui fort su les antérieurs et/ou trébuche au débarquement
  • difficulté/douleur à croiser les membres
  • perte de poids (= perte de muscle accru) au repos, même si bien nourri
  • difficulté à prendre ou maintenir le galop
  • préfère prendre le galop plutôt que le trot
  • botte ou cabre monté sans aucune raison apparente
  • sauts de mouton au galop sur quelques foulées, sans aucune raison
  • montre des signes de détresse respiratoire qui ne semblent pas apparentées à un problème allergique
  • mouvement exagéré du jarret
  • montre des symptômes similaires à des coliques (couché, regarde son estomac)
  • « marche sur une corde » / marche comme Robocop, démarche très saccadée.
  • Boite sans qu’on arrive à savoir de quel pied. Le cheval semble boiter des 4 membres en même temps ou le membre de boiterie change fréquemment.
  • coups de cul après le saut d’un obstacle
  • difficulté à maintenir une belle ligne de dos et difficulté à maintenir une belle musculature

Comment vivre avec la PSSM ? (Pour le cheval comme pour le cavalier)

En cas de crise :

  • box ferme, éviter tous mouvements
  • perfusion éventuellement
  • tranquillisants si besoin
  • soulager la douleur par des massages par exemple.

Toute l’année :

  • Alimentation, carence en Vitamine E et potentiellement sélénium
  • Nécessite une alimentation de cheval de sport même si ils n’en donne pas l’impression
  • Bilan nutritionnel à faire impérativement (le sélénium est toxique à haute dose)
  • Travail impératif (6 jours sur 7 c’est bien)
  • Quand l’humain prends des vacances le cheval ne devrait pas en prendre. Ou alors le planning de reprise doit être assez stricte
  • L’humain *doit* apprendre à lire les muscles de son cheval pour trouver quel est le premier muscle à s’ankyloser
  • L’humain va apprendre par essai erreur malheureusement…
  • Tenir un carnet de note avec les variations de météo, l’intensité de travail et les symptômes peut être judicieux pour vous aider à comprendre.

En hiver :

  • Sensibilité accrue aux variations de température
  • Le frissonnement des muscles peut déclencher une myosite…
  • Manque de mouvement en hiver

Au printemps :

  • Foin appauvri mais interdiction d’aller à l’herbe, le casse-tête
  • Gérer les couvertures, un casse-tête aussi.

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